Aromathérapie

« Le chemin vers la santé passe par un bain aromatique et un massage parfumé par jour » – Hippocrate

L’aromathérapie consiste en l’utilisation de composés aromatiques extraits de plantes, les huiles essentielles, à des fins médicales.

Dans l’histoire de la médecine, au moins jusqu’au XVIe siècle, l’histoire de l’aromathérapie se confond en grande partie avec celle de la phytothérapie. Les plantes, dans leur ensemble, constituaient la base de la pharmacopée des civilisations antiques.

Si l’on retrouve les traces de méthodes de distillation ou d’extraction, en Chine ou en Inde, datant de plusieurs millénaires, c’est en Égypte que leur utilisation a été avérée. En Grèce, les écrits de Dioscoride (Ier siècle) font référence à l’utilisation d’extraits aromatiques. Les Romains les utilisèrent aussi sous forme d’onguents gras. Dioscoride décrit aussi les croyances de l’époque concernant leurs propriétés curatives, dans son De Materia Medica.

Les huiles essentielles distillées ont été employées comme médicaments au moins depuis le XIe siècle, après qu’Avicenne ait isolé certaines huiles essentielles grâce à la distillation à la vapeur d’eau.

En 1910, le pharmacien lyonnais, chimiste et parfumeur René-Maurice Gattefossé (1881-1950) en faisant des recherches en parfumerie, se brûla accidentellement grièvement les mains. Lors de l’accident, par réflexe, il plongea sa main dans un contenant rempli d’huile essentielle de lavande vraie, découvrant ainsi ses propriétés calmantes, antiseptiques et cicatrisantes. Selon lui, les résultats furent stupéfiants : l’essence de lavande possédait de réelles propriétés antiseptiques et cicatrisantes. Dès lors, il consacra une partie de ses recherches aux propriétés des huiles essentielles.

Dans les années 1960, le docteur Jean Valnet (1920-1995) reprit les travaux de Gattefossé et publia des ouvrages de référence (Aromathérapie, Traitement des maladies par les essences des plantes, 1964). Ils sont tous les deux considérés comme les pères de l’aromathérapie moderne.

Par la suite, Pierre Franchomme, développant la notion de chémotype, contribua à améliorer l’identification des principes actifs dans les extraits utilisés. Lui et le Dr Daniel Pénoël introduisirent les notions d’aromathérapie scientifique et de chémotype qui éclairèrent les effets thérapeutiques des huiles essentielles.

À la fin du XXe siècle, au même titre que l’ensemble de la pharmacognosie, l’aromathérapie bénéficia de l’avancée des méthodes d’analyses, en particulier de la chromatographie. La distinction précise des composés aromatiques permit à la médecine de mieux appréhender leurs mécanismes d’action et d’affiner leur prescription.

Le terme aromathérapie recouvre des pratiques médicales très variées utilisant les huiles essentielles par exemple sous forme d’onction (dissolution dans une huile), de crème ou de lotion (émulsion huile dans l’eau) pour l’usage externe. La dispersion dans du miel ou dans de l’huile alimentaire ou simplement sur un sucre est habituelle pour l’administration par la voie orale. La mise en gélules se pratique aussi. Les aérosols obtenus par nébulisation des huiles essentielles sont plus rarement utilisés, mais la dispersion dans l’atmosphère d’une pièce obtenue grâce à l’utilisation de diffuseurs spéciaux est très répandue. L’emploi en suppositoires est utile pour certaines applications thérapeutiques, mais est généralement réservée au corps médical.

L’usage des HE ne peut être légalement conseillé que par des médecins ou des pharmaciens compétents, c’est-à-dire qui ont été formés pour cela (aromathérapeutes).

Compte-tenu de la forte concentration en principes actifs des HE et de la puissance de leur action, celles-ci doivent être utilisées avec infiniment plus de précautions que la plante entière (en tisane, en teinture ou en gélules).

Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?

L’huile essentielle (HE) est la fraction volatile odorante extraite des végétaux, soit par distillation à la vapeur d’eau, soit par expression à froid en ce qui concerne les écorces d’agrumes.

Seuls ces deux procédés sont autorisés pour un usage thérapeutique des HE.

Par ailleurs, la composition chimique (chémotype) des huiles essentielles varie en fonction du pays de récolte, de l’altitude, de l’ensoleillement, des conditions de récolte, de la qualité de la distillation, de l’entreposage : ces facteurs peuvent modifier leurs propriétés. C’est pourquoi la chromatographie est un outil précieux pour l’aromathérapeute.

Qu’est-ce qu’un hydrolat ?

Un hydrolat ou eau florale est le reliquat du produit de la distillation. Il ne contient pas tous les principes actifs présents dans l’HE et ceux qui s’y trouvent sont très dilués. Les hydrolats n’ont aucune contre-indication. Par contre, ils sont plus fragiles car constitués essentiellement d’eau, ils peuvent être facilement contaminés par des microbes.

Précautions d’emploi :

Les huiles essentielles ou essences sont interdites pendant les trois premiers mois de la grossesse et pendant la période de l’allaitement ; en revanche les hydrolats sont autorisés tout au long de la grossesse.

Les HE par voie orale sont interdites chez le nourrisson et les enfants de moins de 7 ans. Seuls les hydrolats sont autorisés là encore.

Ne jamais appliquer d’HE pure au niveau des yeux, de la muqueuse nasale, du conduit auditif ou des zones anogénitales.

Un certain nombre d’HE sont phototoxiques et ne doivent pas être utilisées par voie cutanée en cas d’exposition au soleil.

Certaines HE sont irritantes sur la peau ou sur une peau endommagée.

Ne Jamais appliquer d’HE de menthe poivrée sur la peau chez les enfants de moins de 30 mois, ni chez l’adulte sur de grandes surfaces cutanées.