Insomnie

par | 11 septembre 2021 | 0 commentaires

Insomnie

L’insomnie est le trouble du sommeil le plus fréquent. Elle se caractérise par un manque de sommeil ou un sommeil de mauvaise qualité qui impacte sur les activités du quotidien. Lorsqu’elle est chronique, l’insomnie peut être provoquée par le stress, l’anxiété  ou la dépression ou par une maladie.

Qu’est-ce qu’un « bon dormeur » ?

C’est quelqu’un qui s’endort en moins de 10 minutes, se réveille moins de 4 fois la nuit, présente des cycles de sommeil équilibrés (20% sommeil paradoxal), se réveille et se lève facilement avec la sensation d’être reposé.

Il n’y a pas de notion de durée (5-10 heures, en général 7heures minimum).

Le sommeil a un rôle fondamental de régulation de la croissance chez les enfants, sur le métabolisme glucidique et lipidique, sur l’élimination des toxines, sur l’immunité et la cognition entre autres.

Il peut y avoir plusieurs causes à l’insomnie :

  • Des causes organiques comme douleurs , ulcère, prurit , pollakiurie (envie d’uriner tout le temps), apnée du sommeil, impatience des jambes, hyperthyroïdie, insuffisance respiratoire ou cardiaque…
  • Des causes psychologiques dues à l’anxiété  et aux conditionnements négatifs.
  • Des causes externes liées à l’usage de stimulants, à l’hyperactivité, à la qualité de la literie, au conjoint (ronflements, mouvements…), à la ventilation, à l’alimentation etc…
  • Des causes neurologiques/psychiatriques comme les maladies neurodégénératives (démence, Alzheimer, Parkinson) ou la dépression.
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Tout d’abord, il est conseillé de suivre les conseils d’hygiène suivants :

– suivre les signes d’endormissement (coup de fatigue, bâillements, yeux, frissons…)

– s’endormir à heures fixes

– pas de surchauffage de la pièce (19°C max)

– repas non gras, avec des féculents, viande maigre… au moins 1H avant couchage

– laitages sucrés sources de tryptophane qui favorise l’endormissement

– pas d’excitants alimentaires le soir ou l’après-midi (caféine, nicotine)

– ralentir l’activité intellectuelle, pas de télévision dans la chambre, obscurité maximale

– si nécessaire et si bonne motivation, activité physique dans la journée et techniques de relaxation

en soirée (respiration ventrale). Auto-hypnose.

– literie en état

– rituel du coucher

– éviter les grasses matinées et les longues siestes (15 à 30 minutes de siestes sont suffisantes pour une régénération)

– si difficultés d’endormissement, se lever, changer de pièce, rester un moment puis revenir se coucher.

Les traitements de l’insomnie proposés reprennent l’hypnose médicale avec apprentissage de l’auto-hypnose, la phytothérapie et l’aromathérapie.

En phytothérapie les plantes utiles sont :

  • La valériane valeriana officinalis, organes souterrains (odeur et goût épouvantables !).

Les effets secondaires sont nuls aux doses normales et le traitement doit être de durée limitée. En cas d’abus, réapparition de l’insomnie et syndrome de manque à l’arrêt.

La valériane est contre-indiquée chez les enfants de moins de 12 ans et en cours de grossesse.

Des interactions médicamenteuses potentielles sont à noter donc à éviter chez les patients sous dépresseurs du système nerveux central ou SNC (sédatifs, hypnotiques, opioïdes, neuroleptiques comme les benzodiazépines, les barbituriques, le GHB etc…) et antivitamine K (anticoagulants).

A privilégier en cas d’insomnie d’endormissement dans les suites de stress prolongé avec touche dépressive et hyperémotivité. A noter que la réponse est retardée.

Elle peut être utilisée en synergie avec la mélisse, l’aubépine ou le millepertuis.

Ne pas associer avec la passiflore.

Il est important de noter une variabilité inter-individuelle des réponses.

  • Le houblon humulus lupulus, inflorescence femelle (cône).

On note comme effet indésirable une sédation si associé à d’autres sédatifs.

Il est contre-indiqué chez l’enfant et la femme enceinte et en cas de traitement antidépresseur.

A privilégier pour l’insomnie de la femme ménopausée par ses effets œstrogène-like et la réduction des bouffées de chaleur.

  • Le pavot de Californie eschscholtzia californica, partie aérienne fleurie.

Accélère l’endormissement et améliore le sommeil des anxieux légers.

  • L’aubépine crataegus monogyna, c. laevigata et autres espèces, sommités fleuries ou fleurs ou fruits ou mélange.

Elle a un effet avéré (significatif vs placebo) sur le cœur (insuffisance cardiaque, hypertension: type beta-bloquant), le SNC (sédatif) et les symptômes subjectifs associés (dyspnée, palpitations, oppression thoracique).

Elle est reconnue par l’OMS, la Commission E et l’ESCOP pour traiter l’insuffisance cardiaque légère et les troubles cardiaques liés à la nervosité.

Aucun effet indésirable détecté.

Elle est contre-indiquée pendant la grossesse et la lactation (elle réduit le tonus utérin). Chez l’enfant demander un avis médical.

  • La passiflore passiflora incarnata.

Faire attention à la qualité car il a été rapporté des adultérations avec d’autres espèces, qui pour certaines ne montreraient pas d’activité sédative.

Elle n’est pas recommandée pour les enfants de moins de 12 ans.

Elle est utilisée dans l’insomnie du milieu de nuit, l’anxiété avec nervosité et agitation, l’excitation, l’hypersensibilité sensorielle et le syndrome de manque (efficacité en essais cliniques).

  • Les plantes à « risque zéro » à essayer en priorité chez les enfants et femmes enceintes :
    • Tilleul (Tilia cordata, T. platyphyllos) inflorescence
    • Mélisse (Melissa officinalis) feuille
    • Oranger doux et amer (Citrus aurantium, C. sinensis) feuille et fleur
    • Verveine odorante (Aloysia triphylla ou Lippia citriodora)
    • Camomille romaine (Chamaemelum nobile) capitule et allemande (Matricaria

recutita) capitule.

En aromathérapie on utilise entre autres :

  • HE Lavande vraie ou officinale Lavandula vera, L. angustifolia, L. officinalis fleur.

Elle est antispasmodique puissante, calmante, sédative, antidépressive, cicatrisante puissante, régénératrice cutanée, antalgique et anti-inflammatoire, antiseptique et hypotensive.

On l’utilise donc dans le stress, l’anxiété, les angoisses, la dépression, l’insomnie et la nervosité. Elle est également utilisée pour les contractures et les spasmes musculaires, les problèmes dermatologiques (eczéma, psoriasis, prurit, brûlure, dermite, couperose), les rhumatismes, contre les puces et les poux et contre l’hypertension artérielle.

C’est l’HE la plus polyvalente et sans aucune toxicité aux doses physiologiques.

A utiliser avec précaution chez les enfants à partir de 3 mois et toujours diluer chez les enfants de moins de 3 ans.

Elle est interdite pendant les 3 premiers mois de grossesse mais peut-être utilisée avec précaution au-delà du 3ème mois.

Elle est essentiellement utilisée par voie cutanée et elle se prête très bien à la voie respiratoire et à l’olfactothérapie.

  • HE de Ravintsara Cinnamomum camphora L. (rameaux) CT (chémotype) 1,8-cinéole.

Ici ce sont ses propriétés d’inducteur de sommeil qui nous intéressent pour traiter les insomnies, en complément d’autres HE.

  • HE de Litsée citronnée Litsea cubeba, fruits.

Elle a des propriétés calmantes et sédatives, elle est rééquilibrante neuro-végétative et antidépressive.

Elle est également antifongique et anti-inflammatoire.

On l’utilise essentiellement par voie olfactive et cutanée mais attention, elle peut être irritante pour la peau (à diluer).

Elle s’utilise dans les insomnies, les peurs, les mycoses, les maladies articulaires, les tendinites et les névralgies.

Elle est déconseillée durant les 3 premiers mois de la grossesse et chez les enfants de moins de 7 ans.

  • HE d’Ylang-ylang Cananga odorata, fleurs.

Elle a des propriétés antispasmodiques puissantes.

Elle est rééquilibrante nerveuse, hypotensive et antiarythmique, aphrodisiaque, antalgique, anti-inflammatoire et tonique cutanée.

Elle est donc indiquée pour traiter le stress, les angoisses, les insomnies, les dépressions, les spasmes gynécologiques, les colopathies fonctionnelles, l’hypertension artérielle et la tachycardie, l’asthénie sexuelle féminine, tous les rhumatismes articulaires (arthrose, arthrite, tendinites, claquages, contractures musculaires, courbatures), les douleurs cancéreuses (utilisée en soins palliatifs) et l’acné.

Elle est contre-indiquée chez les enfants de moins de 7 ans et pendant la grossesse.

Elle est essentiellement utilisée par voie cutanée diluée dans une huile végétale, et par voie olfactive.

Les huiles essentielles étant des concentrés de molécules chimiques, il est important de rappeler quelques précautions d’emploi:

  • Ne pas administrer pendant les 3 premier mois de grossesse et durant l’allaitement; seules quelques HE sont autorisées chez la femme enceinte au cours des 2ème et 3ème mois de grossesse, donc pas d’automédication et toujours demander à un professionnel de santé dûment formé.
  • Les HE peuvent être allergisantes (allergie cutanée ou respiratoire) donc toujours faire un test avec 1 ou 2 gouttes d’HE dans le pli du coude. Aucune irritation ne doit apparaître dans le quart d’heure qui suit. Attention, certaines HE sont dermocaustiques et donc à ne pas appliquer pures sur la peau.
  • Ne jamais appliquer d’HE pure dans les yeux, la muqueuse nasale, le conduit auditif ou les parties anogénitales.
  • Certaines HE sont phototoxiques et ne doivent pas être appliquées sur la peau en cas d’exposition au soleil.
  • Ne jamais appliquer chez les enfants de moins de 30 mois d’HE de menthe poivrée sur la peau car il y a un risque de spasme laryngé, ni chez l’adulte sur une grande surface car elle provoque une sensation glacée avec une vasoconstriction.
  • Ne pas utiliser en automédication chez les enfants, toujours demander à un professionnel de la santé dûment formé.

Pour plus de renseignements, contactez-nous.

Genève

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