Douleurs chroniques

par | 11 septembre 2021 | 2 commentaires

Douleurs chroniques

Les douleurs chroniques sont des douleurs qui persistent ou récidivent pendant plus de 3 mois, qui persistent plus d’un mois après guérison d’une lésion tissulaire aigüe ou qui sont associées à une lésion qui ne guérit pas. Elles peuvent être dues à des troubles chroniques (cancer, arthrite, diabète), à des traumatismes (hernie discale, ligament déchiré), et à de nombreux syndromes douloureux primaires (douleur neuropathique, fibromyalgie, céphalée chronique, migraines).

La douleur est constituée de 4 composantes, une composante physiologique (perception du stimulus), une composante affectivo-émotionnelle (émotions du ressenti douloureux), cognitive (signification de la douleur, croyance, attitude) et enfin comportementale (consciente ou inconsciente).

man holding his left shoulder

L’hypnose permet d’aider à contrôler l’intensité de la douleur, à gérer la douleur et les émotions qui l’accompagnent.

Elle aide le patient à retrouver des ressources lui permettant de se mobiliser et de devenir actif dans la prise en charge de ses douleurs chroniques.

L’hypnose permet au patient de découvrir et de développer de nouveaux outils personnels de gestion des différentes composantes de la douleur. Le patient souffrant de douleurs chroniques est souvent envahi par celles-ci et rencontre de la difficulté à se décentrer. L’hypnose permet alors d’élargir son champ de vision, en prenant du recul non seulement par rapport aux douleurs mais aussi par rapport à sa situation. L’apprentissage de l’auto-hypnose est dans ce cas primordial. Des exercices réguliers sont indispensables et indissociables des thérapies en cabinet.

L’hypnothérapie permet d’agir à plusieurs niveaux : le niveau sensoriel (intensité par exemple), la gestion de la douleur (diminuer une anticipation négative par exemple), le niveau cognitif (faire des liens entre la douleur et des pensées négatives), le niveau émotionnel (en lien avec des deuils non faits par exemple), et le niveau motivationnel (l’aider à trouver des ressources lui permettant de se mobiliser, de devenir actif dans la prise en charge).

En phytothérapie, les plantes les plus actives dans les douleurs chroniques articulaires et musculaires les plus connues sont :

  • Harpagophytum ou Griffe du diable (racine secondaire), Harpagophytum procumbens DC., Harpagophytum Harpagophytum zeyheri Decne, fruit.

Il est traditionnellement utilisé dans la prise en charge des douleurs articulaires bénignes et des troubles digestifs légers (perte d’appétit, flatulences, dyspepsie).

Cette plante est réservée à l’adulte et le traitement se fait par cures de 2 à 4 semaines avec des fenêtres thérapeutiques.

Des précautions d’emploi sont à prévoir chez les personnes avec des antécédents d’ulcère gastro-duodénal, de lithiase biliaire et de pathologies cardio-vasculaires

L’harpagophytum est contre-indiqué en cas d’ulcère gastro-duodénal, de grossesse, d’allaitement et d’obstruction biliaire.

L’association avec les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) est déconseillée (diminuer la posologie, mettre en place des prises alternées).

  • Saule Salix sp., Salix purpurea, Salix daphnoïde, et Salix fragilis, écorce.

La Saule est réservée à l’adulte.

Elle a un usage traditionnel dans les douleurs articulaires mineures, la fièvre associée aux refroidissements bénins et les maux de tête.

Elle est également indiquée dans le traitement de courte durée des lombalgies ; 4 semaines maximum.

On note comme effets secondaires des réactions allergiques du type prurit, urticaire, crise d’asthme, des troubles digestifs du type nausées, vomissements douleurs abdominales, mais ces effets sont  moins importants que ceux observés avec l’aspirine.

Elle est contre-indiquée formellement lors du 3ème trimestre de grossesse et déconseillée durant les deux premiers trimestres et au cours de l’allaitement.

Elle est aussi contre-indiquée en cas d’hypersensibilité aux salicylés ou autres AINS, d’asthme lié à une hypersensibilité aux salicylés, d’ulcères gastro-duodénaux (également en cas d’antécédents d’ulcères), de déficit en G6PD et de troubles de la coagulation.

La saule ne doit pas être associée aux AINS et autres salicylés ni aux AVK et anticoagulants.

  • Reine des Prés Filipendula ulmaria ( ou Spirea ulmaria), (sommités fleuries).

Elle est utilisée dans la prise en charge des refroidissements bénins (rhumes, états grippaux…) et le traitement des manifestations articulaires douloureuses.

Son usage doit être réservé à l’adulte.

Elle est contre-indiquée dans les allergies aux salicylés.

Son utilisation est déconseillée avec les AINS et les traitements anticoagulants.

Elle est à déconseiller chez la femme enceinte et allaitante à cause de la présence de salicylés.

  • Cassis Ribes nigrum, feuille.

Il est utilisé comme traitement adjuvant des douleurs chroniques rhumatismales.

Il favorise l’élimination rénale de l’eau (adjuvant des régimes amaigrissants).

Précautions d’emploi : traitements diurétiques et hypotenseurs, grossesse et allaitement.

  • Curcuma Curcuma longa, Rhizome.

Attention, les curcuminoïdes responsables de son activité ont une très mauvaise biodisponibilité. C’est pourquoi, il est parfois nécessaire d’y associer de la piperine.

Il est indiqué dans les douleurs chroniques articulaires.

Il est contre-indiqué dans les cas d’obstruction des voies biliaires car il est cholérétique et cholagogue, ainsi que lors de la grossesse ou l’allaitement en l’absence de données.

Il existe de très nombreux essais chez des patients atteints de pathologies associées à une inflammation chronique.

  • Gingembre Zingiber officinale, rhizome.

Il est utilisé traditionnellement en médecine ayurvédique et chinoise dans le traitement des douleurs chroniques articulaires.

On observe aucune toxicité particulière aux doses habituelles.

Des précautions d’emploi sont à prévoir avec les anticoagulants car il inhibe la thromboxane synthase mais n’a pas d’effet sur le temps de saignement observé en clinique aux posologies habituelles, et en cas d’obstruction biliaire (cholagogue).

  • Ortie Urtica urens (Ortie brûlante), Urtica dioica (Grande ortie), feuilles et parties aériennes. Elle est utilisée dans le traitement symptomatique des douleurs chroniques articulaires (arthrites, arthroses) et dans les états séborrhéiques de la peau.

Il est à noter de rares troubles digestifs et d’allergies ; pour un usage local : prurit et irritations…

En aromathérapie on privilégiera pour les douleurs chroniques, les huiles essentielles à salicylate de méthyle, menthol, camphre, eugénol, 1,8-cinéole et pinènes.

  • HE de Gaulthérie couchée Gaultheria procumbens L., feuilles.

C’est l’anti-inflammatoire par excellence, elle a aussi des propriétés antidouleur dans les rhumatismes musculaires, les crampes, les myosites, les épicondylites, la polyarthrite rhumatoïde, l’arthrose, les traumatismes (déchirures, élongations).

Elle peut être utilisée en friction sur le muscle avant un effort sportif.

Elle a des propriétés antispasmodiques et vasodilatatrices qui lui confèrent une action importante sur les céphalées d’origine hépato-circulatoire.

Elle a des propriétés régénératrices du foie.

Elle est déconseillée aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 7 ans.

Elle est contre-indiquée chez les personnes allergiques aux salicylés (aspirine et équivalents). Eviter de l’utiliser pure car elle peut être irritante cutanée.

Par ses propriétés anticoagulante et antiagrégante plaquettaire, elle est contre-indiquée chez les patients sous AVK ou ayant une pathologie hémorragique.

Elle sera donc utilisée par voie cutanée (diluée dans une huile végétale appropriée).

Elle ne doit pas être prise par voie orale ou en diffusion.

  • HE de Menthe poivrée Mentha x piperita L. var. officinalis, feuilles.

Elle possède des propriétés antalgiques importantes et anti-inflammatoires remarquables localement pour les douleurs atténuées par le froid, et elle est anesthésiante.

C’est pourquoi on l’utilise dans les céphalées, les migraines, les coups, les traumatismes, le côlon irritable, les colites, les ulcères, l’acidité gastrique, les douleurs musculaires, les sciatiques, les arthrites, les tendinites, les douleurs des règles, les prurits (dus aux piqûres d’insectes, à l’eczéma, un urticaire, un zona, etc…).

Elle est aussi tonique et stimulante cérébrale.

Elle a des propriétés cholérétiques et cholagogues, c’est un tonique digestif (utilisée dans les nausées, le mal des transports, les vomissements) et elle est pancréatostimulante.

Elle possède aussi des propriétés anti-inflammatoires intestinale et urinaire, antibactérienne, antivirale, antifongique (hépatites virales ou gastro-entérites).

Enfin, elle est décongestionnante prostatique et nasale (rhinites, sinusites, laryngites, infections urinaires et prostatite).

Elle est contre-indiquée chez les enfants de moins de 7 ans et chez les femmes enceintes et allaitantes.

Elle est également contre-indiquée chez les patients épileptiques car la menthone est une cétone neurotoxique.

Elle ne doit pas être appliquée sur une grande surface car elle provoque une vasoconstriction des vaisseaux (effet glaçon ressenti) ce qui provoque une diminution de l’irrigation sanguine de la zone d’application.

Prudence aussi chez les hypertendus.

La menthone est hypertensive et neurotoxique à haute dose donc toujours respecter les doses prescrites ; attention donc à la teneur en menthone de l’huile essentielle choisie.

Il existe un risque allergique donc faire un test au pli du coude et si nécessaire diluer pour un usage cutané dans une huile végétale appropriée (maximum 10% de la totalité des HE du mélange).

Elle peut être prise par voie orale ou cutanée.

Ne pas diffuser.

A manier avec précaution.

  • HE de Romarin à camphre Rosmarinus officinalis CT bornéone (camphre), plante entière.

Le camphre ou bornéone est une cétone toxique.

Elle est contre-indiquée aux enfants et aux femmes enceintes ou allaitantes, tout comme les personnes épileptiques ou souffrant d’hypertension.

Elle est interdite par voie orale.

C’est un décontractant musculaire qui soulage crampes et courbatures et un anti-inflammatoire actif contre l’arthrose et les rhumatismes responsables de douleurs chroniques.

Elle stimule le foie (cholérétique et cholagogue) et prévient également la formation de calculs biliaires et rénaux.

C’est aussi un remède des acouphènes.

Elle sera utilisée par voie cutanée diluée (maximum 10% de la totalité des HE du mélange).  Enfin, elle est décongestionnante des voies aériennes et mucolytique (bronchite, sinusite), dans ce cas elle sera utilisée en inhalation.

  • HE de Giroflier Eugenia caryophyllus Thunb., boutons floraux.

C’est le grand remède des douleurs dentaires, mais aussi un anti-infectieux puissant (l’eugénol qui est un phénol).

Elle est donc efficace dans de nombreuses infections virales ou bactériennes (infections dentaires, infections intestinales, cystites, angines et sinusites).

Elle est antiseptique et antalgique dentaire, anesthésiante et cautérisante pulpaire.

Elle est stimulante générale, neurotonique, dynamisante cérébrale, antiasthénique et aphrodisiaque légère (utilisée dans l’asthénie physique et intellectuelle et les grandes fatigues).

Attention, elle est puissamment utérotonique (peut aider à l’accouchement).

Elle est stimulante digestive et intestinale, carminative et antiputride.

Enfin, elle a des propriétés anti-inflammatoires et donc peut être utilisée dans les œdèmes, l’arthrite et la polyarthrite rhumatoïde.

Attention, les phénols (eugénol) sont dermocaustiques et hépatotoxiques ; il ne faudra donc pas excéder 7 jours de traitement, associer une HE ou une plante hépato protectrice, et toujours diluer dans une huile végétale appropriée pour un usage cutané.

Elle est potentiellement allergisante donc effectuer un test au pli du coude.

Elle est contre-indiquée chez les enfants de moins de 7 ans, entre 7 et 12 ans, elle peut être utilisée en application cutanée mais reste contre-indiquée par voie orale.

Elle est formellement contre-indiquée chez la femme enceinte et allaitante.

Elle peut parfois être prescrite en fin de grossesse pour déclencher ou faciliter l’accouchement sur avis médical uniquement.

La voie orale est contre-indiquée chez les patients ayant une pathologie hépatique et rester prudent pour la voie cutanée.

Elle est également contre-indiquée chez les patients sous AVK car elle est antiagrégante plaquettaire.

Les voies d’administration possibles sont donc la voie cutanée toujours diluée (maximum 10% de la totalité des HE du mélange) et la voie orale.

Ne pas diffuser car elle est irritante.

  • HE de Laurier noble Laurus nobilis L., rameaux feuillus.

C’est le couteau-suisse des HE.

Elle est anti-infectieuse et immunostimulante, bactéricide, virucide et fongicide (acné, furoncles, eczéma infecté, infections bronchiques, grippe, infections génito-urinaires de la femme, infections intestinales).

Elle a des propriétés antalgiques puissantes et elle est donc indiquée dans les rhumatismes, les arthroses, les arthrites, la polyarthrite rhumatoïde, les contractures musculaires, les crampes, les odontalgies, les gingivites et les aphtes.

Elle est cicatrisante d’où son efficacité sur les plaies de la bouche mais aussi sur les plaies cutanées.

Elle possède également des propriétés anticatarrhales, elle est expectorante et mucolytique donc intéressante dans les infections bronchiques et la grippe.

Son activité neurotonique et stimulante cérébrale en fait une huile indiquée dans les angoisses , les peurs, la fatigue ou la dépression.

Elle est allergisante et irritante pour les muqueuses sensibles donc modérer l’usage transcutané.

Elle est potentiellement addictive et carcinogène à long terme donc limiter la voie orale à une durée maximale de 7 jours.

Elle est contre-indiquée chez l’enfant de moins de 3 ans, déconseillée chez l’enfant de moins de 7 ans et chez la femme enceinte et allaitante.

  • HE de Pin sylvestre Pinus sylvestris L., aiguilles.

Bien connue pour son action fluidifiante des bronches, expectorante, assainissante atmosphérique et anti-infectieuse respiratoire, elle est utilisée dans toutes les infections respiratoires.

Elle possède aussi des vertus anti-inflammatoires, antalgiques et décongestionnantes au niveau articulaire ce qui en fait une bonne huile pour soulager les douleurs chroniques de type arthrosique, sciatique, lumbago, rhumatismes et douleurs musculaires.

Elle a un effet cortisone-like par son action stimulante sur les glandes surrénaliennes ; elle est donc stimulante et tonifiante très utile en cas de fatigue ou de surmenage et en cas de baisse de moral voire de dépression.

Elle peut être administrée par toutes les voies et est déconseillée durant les 3 premiers mois de la grossesse et l’allaitement, et chez les enfants de moins de 7 ans.

Attention, elle peut être irritante lorsqu’elle est utilisée pure sur la peau ; il vaut mieux la diluer dans une huile végétale.

Les huiles essentielles étant des concentrés de molécules chimiques, il est important de rappeler quelques précautions d’emploi:

  • Ne pas administrer pendant les 3 premier mois de grossesse et durant l’allaitement; seules quelques HE sont autorisées chez la femme enceinte au cours des 2ème et 3ème mois de grossesse, donc pas d’automédication et toujours demander à un professionnel de santé dûment formé.
  • Les HE peuvent être allergisantes (allergie cutanée ou respiratoire) donc toujours faire un test avec 1 ou 2 gouttes d’HE dans le pli du coude. Aucune irritation ne doit apparaître dans le quart d’heure qui suit. Attention, certaines HE sont dermocaustiques et donc à ne pas appliquer pures sur la peau.
  • Ne jamais appliquer d’HE pure dans les yeux, la muqueuse nasale, le conduit auditif ou les parties anogénitales.
  • Certaines HE sont phototoxiques et ne doivent pas être appliquées sur la peau en cas d’exposition au soleil.
  • Ne jamais appliquer chez les enfants de moins de 30 mois d’HE de menthe poivrée sur la peau car il y a un risque de spasme laryngé, ni chez l’adulte sur une grande surface car elle provoque une sensation glacée avec une vasoconstriction.
  • Ne pas utiliser en automédication chez les enfants, toujours demander à un professionnel de la santé dûment formé.

Pour plus de renseignements, contactez-nous.

Genève

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2 Commentaires

  1. קמגרה

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    • Marie-Andrée Bianchini

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